La debandade des clubs anglais
Ils étaient six au début des 1/8. Ils ne sont plus que deux. Les clubs Anglais ont vécu des huitièmes de finale cauchemardesque, encaissant 28 buts pour quatre éliminations retentissantes. Un naufrage collectif qui relance le débat : la Premier League, championnat le plus regardé au monde, serait-elle tout simplement surcotée sur la scène européenne ?
28 buts encaissés : le chiffre qui fait mal
Les chiffres sont implacables. Chelsea s’est incliné face au PSG sur un score cumulé de 8-2, Manchester City a été balayé par le Real Madrid 5-1 au total, Newcastle humilié par le FC Barcelone 8-3 sur les deux matchs, et Tottenham a cédé face à l’Atlético de Madrid 7-5.Quatre clubs. Quatre éliminations. Vingt-huit buts encaissés. Une hécatombe.
Le Real Madrid et le Paris Saint-Germain ont validé leur qualification sans trembler face à leurs adversaires anglais, confirmant leur statut de prétendants sérieux au titre. On aurait pu s’attendre à des duels plus équilibrés. Ce fut une leçon de football continental, froide et méthodique.
La Premier League est-elle surcotée ?
La question mérite d’être posée sans détour. Depuis des années, la Premier League se targue d’être le meilleur championnat du monde. Les droits télévisuels battent des records, les recrutements sont les plus coûteux de la planète, et le spectacle offert chaque week-end attire des milliards de téléspectateurs. Pourtant, au rendez-vous qui compte vraiment, celui de la Ligue des Champions, le bilan est accablant.
On peut être le leader incontesté de l’indice UEFA, avoir six clubs qualifiés en huitième de finale de Ligue des Champions, et ne pas remporter le moindre match de la manche aller. C’est précisément ce qui s’est passé lors de la première semaine de huitièmes pour les clubs anglais. Un résultat statistiquement stupéfiant, qui ne doit plus rien au hasard.
Un jeu inadapté face aux blocs européens ?
Au-delà du calendrier, c’est bien une question tactique et structurelle qui se pose. Le football de Premier League, intense, vertical, physique, semble se heurter à un mur dès qu’il affronte les grandes organisations défensives et les collectifs huilés du Real Madrid, du PSG ou de l’Atlético de Madrid.
Face aux équipes continentales, le pressing à l’anglaise devient une arme à double tranchant. Là où il crée du chaos en championnat, il ouvre des espaces béants contre des formations rodées à l’exercice européen. Le Barça de Hansi Flick a ainsi transformé chaque transition newcastlienne en autoroute, inscrivant sept buts au retour au Spotify Camp Nou. Le PSG de Luis Enrique, lui, a asphyxié Chelsea dans une toile de passes courtes que les Blues n’ont jamais su démêler.
Liverpool et Arsenal : les deux exceptions qui sauvent l’honneur
Il serait injuste, cependant, de noyer tout le football anglais dans ce déluge de buts encaissés. Car deux clubs ont su hausser leur niveau et répondre présents quand il le fallait.
Arsenal a dominé le Bayer Leverkusen sur l’ensemble de la double confrontation (3-1 au cumulé), s’imposant 2-0 au retour à l’Emirates. Les Gunners, qui avaient pourtant arraché un nul miraculeux à l’aller en Allemagne grâce à un penalty in extremis, ont rectifié le tir avec autorité au retour. Méthodiques, solides défensivement, avec un pressing collectif bien réglé par Mikel Arteta, ils ont montré qu’une équipe anglaise pouvait parfaitement s’adapter au registre européen.
Liverpool, de son côté, a réglé la question Galatasaray avec une facilité déconcertante au retour : 4-0 à Anfield, pour un bilan cumulé de 4-1. Les Reds de Arne Slot ont confirmé, après une phase de ligue impressionnante, qu’ils disposaient des ressources mentales et collectives pour aller loin dans la compétition.

